lundi 25 janvier 2010

Montréal – Québec : Et c'est pas fini, c'est rien qu'un début !

Avec des émissions comme Occupation Double et Star Académie, TVA est le chef de file en matière de télé-réalité. Avec un sensationnalisme indigeste propre à bon nombre d’émissions de cette station, ces derniers y vont encore avec leur vieille sauce réchauffée depuis des années, mais qui plaît à trop de téléspectateurs; de l'émotion gaga dont plusieurs (mais pas assez) se passeraient.

Beaucoup de curiosité quand même face à cette nouvelle série, une rivalité Montréal-Québec, du hockey, Carbo et Michel Bergeron à la tête de chacune des équipes. Humm ! Intéressant. En plus, deux superbes chansons pour accompagner chaque équipe. Même si ça n'a pas trop de rapport, ça semble correct. Un tapage publicitaire monstre comme seul TVA Entertainment sait le faire. Et ça commence...

Mais avant de donner mon appréciation, voici comment cette série a été concoctée.

Par un beau soir d'été, Stéphane Laporte travaille des sujets d'émissions de télé-réalité. Il a tout à coup un flash et il appelle Pierre-Karl:
- Hey PK, j'ai une idée pour une télé-réalité.
- Hummm, laquelle ? demande PK.
- Une télé-rivalité mettant en vedette Montréal et Québec, dit Laporte, fier de son coup.
- Genre, des chanteuses de Montréal vs celles de Québec ?
- Non, non, du hockey, mais on arrange cela à la sauce Star Académie. Donc, nos participants seront pris en pitié, on va faire pleurer ben du monde, on met les parents là-dedans.
- Tu es un génie Stef. Tu vas me rapporter encore une montagne de cash.
- En plus, je vais demander à Guy Carbonneau de coacher Montréal et à Michel Bergeron de coacher Québec.
- Super, mais tu sais qu'il faut des éléments qui n'ont aucune espèce de rapport avec le hockey ?
- Je sais, je sais. On va faire un gros show de variété pour débuter; de la musique, de la chanson, un gros montage de séquence hockey et on présentera les joueurs pendant une heure.
- Comment tu vas choisir ces joueurs mon petit génie, demanda PK avec un signe de $ dans les yeux.
- On va tenir des camps d'entraînement, les meilleurs hockeyeurs de la province pourront s'inscrire. Ensuite, on en choisira 28 pour des équipes de 14. On fera comme l'émission de RDS il y a quelques années «Making the cut», mais ce sera bien mieux. Nos gars ne seront pas sélectionnés par la LNH, ils vont gagner une coupe à 200$. Je te dis, on va tellement mettre de la booze dans les yeux du monde, ils ne croiront pas à cela.
- Quelle booze veux-tu ajouter ? demande PK, complètement survolté.
- Chaque équipe doit avoir deux filles, un joueur de 40 ans et un autre de 50 ans. Tu vas voir qu'on va en trouver un Gordie Howe nous, pis il sera adulé.
- Wow ! Même le Canadien n'a pas pensé faire jouer une fille dans son équipe. Ils vont voir de quel bois je me chauffe quand on me refuse de les acheter.
- J'avais pensé à Julie pour animer...
- Non, pas Julie. Elle est trop occupée à penser à des scénarios ridicules pour le Banquier. D'ailleurs, on veut inviter un gars qui couche avec son orignal cet automne. Prends une fan de hockey comme Marie-Claude Savard.
- Ouais. Elle aime le hockey. On la maquille, la coiffe et on lui fait dire des niaiseries comme Julie Snyder. Les gens ne verront pas l'illusion.
- Mets-en ! De toute façon, avec ce qu'on leur pousse depuis quelques années, ça fait longtemps qu'ils ne voient que du feu, dit PK.
- D'accord, je te reviens avec quelque chose de final dans une heure.
- Déjà ?
- Bah, tu fais du copier/coller avec Star Académie et c'est fini.

Voilà. Évidemment cette conversation est faite de façon humoristique et les producteurs mettent plus de sérieux que cela dans leur entreprise. Mais c'est le rendement visuel qui me déplaît toujours. Autant je suis emballé par les tubes de Lapointe et Loco Locass, autant le gala de dimanche soir était un exemple de ce que sont les émissions de TVA: un gros enrobage sans contenu.

Le tout débute à 19h59 (pas 20h attention) en grandes pompes avec un excellent montage du camp d'entraînement d'une vingtaine de minutes sans pubs. Après une pause, c'est un numéro musical de Marc Déry (excellent) et l'arrivée en scène de Marie-Claude Savard, maquillée et coiffée comme la femme de Pierre-Karl. C'est le début de la chute: on ne me lui met rien dans la bouche et deux ou trois salutations plus tard, elle annonce que les hymnes des deux équipes seront jouées après la pause. Au retour, Loco Locass et Éric Lapointe brûlent la scène. Un bon divertissement quand même jusqu'ici, mais depuis la fin du montage, on cherche le rapport avec le hockey. Le spectaculaire maire Labeaume s'en mêle ainsi que le drabe maire Tremblay, mais en vidéo, sous les huées de la foule.

Après une heure de sparage, on présente les joueurs. Pendant un instant, on croit que ce sera une présentation normale, comme en début de saison chez n'importe quelle équipe qui se respecte. Non monsieur !!!!!!!!!!! N'oublions pas qui est à la tête de tout cela, c'est Stéphane Laporte. Donc, pour chaque joueur, on revoit les moments les plus émotifs de sa vie, on nous montre qu'il fait pitié parce qu'il a arrêté le hockey en raison d'une blessure, un autre qui a perdu sa mère, un autre qui cherche son père, un autre qui a eu le cancer, un autre qui... Bref, de la grosse émotion «cucul» ! Je comprends la peine de ces gens face à leur désarroi, mais pourquoi encore une fois nous bourrer la face de leurs malheurs ? Pourquoi eux décident-ils de s'exposer à tout le Québec ? Donc, pendant heure, les 28 joueurs de la série défilent sur la glace. L'ennui est gagné depuis longtemps. Carbo et Bergie arrivent (pas en même temps) au milieu de la glace, avec un énième discours depuis le début de la soirée, et nomment les assistants et les capitaines. PKP est fier, le CH n'a même pas de capitaine.

C'est pas fini. Il faut présenter les arbitres, dont Ron Fournier qui sera le grand boss. Un autre discours qui dure quelques minutes. Et après coup, ce n'est pas fini, le président d'honneur Guy Lafleur qui viendra présenter la Coupe et parler (lui aussi). On pense que c'est fini. Non, au retour, la fusillade ! Pas moins de 28 joueurs s'élancent sur les gardiens, d'une longueur sans fin, car entrecoupée de quelques publicités.

Au niveau hockey, le gardien Rémy Leduc de Montréal était une solide passoire et sa collègue féminine a mieux paru. Du côté de Québec, le gardien Julien Walsh (anciennement des Tigres de Victoriaville de la LHJMQ) a fait passer les adversaires pour des enfants tellement il était dominant. Même chose pour sa collègue.

Finalement, passé 23 heures, c'était fini... Je pense, car j'en avais marre et j'ai fait sortir le chien. Hier soir, la série revenait à 19h30 et je n'ai regardé que 30 secondes pour voir encore du copier/coller Star Académie...

Est-ce qu'en proposant une télé-réalité avec du hockey, on croit qu'on va voler les fans du CH lors des quelques parties de la Flanelle diffusées le dimanche ou lors des deux émissions hebdomadaires ? Va-t-on voler le public de Tout le monde en parle ? Je veux bien croire que le hockey est populaire et que les têtes d'affiche dans le cas présent le sont aussi, mais je ne sais pas si j'ai envie de m'attacher à un inconnu et à la recherche de son paternel, même si je lui souhaite de le revoir. Au fait, Québec va gagner.

Éric Lapointe vs Loco Locass – Création et qualité

Il est 19 heures, une heure avant le début de la série tant attendue, une autre sempiternelle télé-réalité issue du cerveau de Stéphane Laporte, j’ai nommé Québec-Montréal. Mais avant de faire ma critique (constructive) et (objective!), j’ai décidé de parler de création un petit peu parce que la vraie création dans cela, ce sont les deux chansons thèmes de cette série. Vous les avez sûrement entendues, TVA propose les pubs à outrance sur leurs ondes.

Je ne serai pas négatif, car ces deux chansons sont la preuve que le talent créateur est présent au Québec et qu’à partir d’un même sujet (ou presque), on peut arriver à créer des œuvres différentes, avec une vision différente, avec des croyances différentes, mais avec une fidélité unique de la part de ses créateurs.

Dans le coin bleu, commençons avec les sous-estimés, le trio québécois : les Loco Locass. Ils interprètent la chanson thème de l’équipe de Québec. La troupe formée de Biz, Chafik et Batlam sont des symboles de fierté tant au niveau de la langue, de leur patriotisme et de la création. Les paroles de la chanson merveilleusement écrite transmettent justement les symboles représentés par les trois, un brin nationaliste, un brin fêtard, un brin génial. Côté musique, c’est dans le ton de cette ville qui est l’une des plus vieilles au Québec. On lui propose un style de musique jeune et dynamique, ce qui est tout à fait en lien avec le hockey, un vieux sport, mais toujours aussi jeune et dynamique.

Et dans le coin rouge, le rocker des rockers, celui qui pousse le « tubes » les plus solides au Québec depuis 1994, j’ai nommé Éric Lapointe. Son hymne à Montréal est parfaitement dans le le style de la métropole; une ville qui bouge, qui rocke, qui déménage. Encore une fois, les producteurs ont arrêté leur choix sur le chanteur qui représente le mieux Montréal, particulièrement son « night life », l’ayant lui-même expérimenté plus d’une fois, souvent à ses dépends. Tout comme Loco Locass, Lapointe met son style musical et ses tripes dans le micro pour prouver qu’il est LE rockeur de l’heure au Québec.

Ce qui m’épate le plus, c’est le résultat final. On propose à Lapointe de faire une chanson sur Montréal dans le cadre d’une série télé et que ça doit représenter Montréal. Il accepte, il y va à sa manière et paf ! On fait la même avec Loco Locass, les mêmes barêmes mais pour Québec et paf ! Je crois qu’on ne pouvait pas mettre la main sur meilleurs qu’eux pour ces hymnes.

Mais le plus important, c’est de comprendre qu’avec un style propre et particulier, on peut arriver à nos fins à force d’effort, mais aussi avec de la création et de l’originalité. Le parallèle doit être fait avec les étudiants qui me lisent. À partir d’un quelconque sujet, que ce soit dans un discours informatif, narratif, incitatif, poétique, dramatique ou expressif, on peut arriver à écrire un texte d’une page ou de plusieurs pages en faisant appel à nos sentiments, nos valeurs et nos connaissances. Et que malgré l’imposition de quelques variables, le résultat demeurera unique et personnel.

Résultat final : Celle des Loco m’emballe et celle de Lapointe m’épate.

vendredi 22 janvier 2010

Le retour des Grandes Gueules

Après trois ans d’absence à la radio, Mario Tessier et José Gaudet sont de retour avec leur complice Richard Turcotte derrière le micro à la station NRJ, anciennement Énergie. Pour ou contre le retour des Grandes Gueules ?

Bien sûr que j’aime le duo, leurs sketchs sont désopilants et ils ont une énergie complètement enivrante. Ils enflamment divinement les ondes avec les Jocelyne, Enrique, Stéphane Ouellet, Robert, Ron Strudel et une multitude d’autres que je me permets d’oublier. Le public les aime et ils aiment le public, ça se sent dans leurs apparitions un peu partout et lorsqu’il s’adresse à leurs fans chaque jour.

Les deux (ou trois) sont donc en ondes depuis lundi dernier. Mais pour les ramener, les grands penseurs d’Astral Media ont dû montrer la porte cavalièrement à Dominic et Martin ainsi qu’à l’animateur-vedette Éric Salvail. C’est là que le retour des Grandes Gueules me chicotte un peu. Je commençais à apprécier Dominic et Martin, ils avaient quelques bons personnages et ils imposaient tranquillement leur style en ondes. Mon préféré était sans doute l’imitation complètement démesurée du maire Régis Labeaume, le maire pas de cou, interprété par Dominic Sillon; il était drôle en ta ! D’ailleurs, le petit était de loin supérieur au plus gros dans les imitations.

Vrai que les Grandes Gueules sont meilleurs, mais ne valait-il pas la peine de persévérer avec les deux autres ? Les cotes d’écoute auraient nécessairement repris le dessus et NRJ (quel nouveau nom d’ado demeuré) aurait pu pavaner avec le plus grand nombre d’auditeurs. C’est donc cette façon de montrer la sortie au duo Dominic & Martin qui me choque et qui m’a très peu fait écouter les Grandes Gueules cette semaine. Les médias sont un monde où la concurrence est féroce et on ne peut céder de terrain, mais à quelque part, tu dois démontrer du respect envers celui que tu engages.

Et ce « comeback » des Grandes Gueules est-il dû à leurs insuccès aux guichets ? Si ce qui se préparait ressembler à leur premier show, ils étaient mieux de retourner à la radio.

Pointes de plume

- NRJ : Quel nom abruti pour une station de radio. Est-ce que les auditeurs sont si peu cultivés qu’on croit qu’ils sont analphabètes ?
- La hit list, la liste des meilleures chansons de la journée. Est-ce que dans une station anglophone, on appelle cette liste « Le grand décompte » ?
- L’émission le Snooze le matin à 104.1. Autre bel anglicisme…

George Laraque nous quitte

Hier matin, le 21 janvier, Bob Gainey annonçait qu’il libérait George Laraque à la mi-parcours de son contrat de 3 ans avec le Canadien. On s’attendait à ce qu’il joue un rôle robuste au sein de la formation, mais celui-ci n’a pas été rempli. L’événement survient à un mauvais moment pour George, mais Gainey pouvait-il faire autrement ?

Non, il ne pouvait pas faire autrement. D’un point de vue strictement hockey, George Laraque n’apportait pas grand chose à l’équipe. En 25 matchs cette saison, il n’a marqué qu’une seule fois sur seulement 2 lancers !!! Vous me direz qu’il rate rarement sa cible… quand il a la rondelle !

On dit aussi qu’il était rarement physique, jetant les gants qu’en certaines occasions, sélectionnant ses adversaires, ou peut-être en attendant d’être sélectionné par un adversaire. Il n’est pas toujours à blâmer pour le manque de protection de ses coéquipiers. Souvent, un autre sautait sur un opposant fanfaron plus vite que George. Normal, son coup de patin l’empêchait d’aller à l’abordage en premier.

Était-il une distraction dans le vestiaire ? Peut-être qu’avec son franc-parler, il en aura fait réagir plus d’un, faisant saliver au passage les « journaleux » de Montréal. Mais à savoir si la distraction était si importante que cela, je ne suis pas certain que les scribes de la métropole en ont une simple idée. Et les joueurs n'étaient pas trop d'humeur à s'étendre sur le sujet, ce qui est plutôt évocateur.

Mais en somme, c’est dommage qu’un autre Québécois quitte la barque. Lapierre et Bergeron sont maintenant les deux seuls à monter la garde. Ça c’est alarmant. Qui plus est, Lapierre est le seul Québécois restant dans la formation qui était dans l’alignement de départ lors du premier match.

Laraque n’est pas une perte, comme Latendresse n’en était pas une non plus. Mais le fait qu’ils étaient Québécois apportait un sentiment d’appartenance plus important. Les frères Molson devront le signifier à Gainey et à Martin, sinon OUT !

jeudi 21 janvier 2010

L'Escale offre 1275$ à la Croix Rouge

Le Centre l'Escale de Gatineau, pour qui travaille, a récolté des dons depuis jeudi dernier dans le but de venir en aide à Haïti. Lorsqu'il est venu le temps de comptabiliser le tout, pas moins de 1275$ étaient dans la canisse.

Plusieurs étudiants ont démontré une grande générosité dans l'aventure, certains offrant même jusqu'à 60$. Pour Alexandre Rodier, qui termine bientôt son séjour au Centre: «Je trouve cela ben plate. C'est toujours les mêmes pays qui mangent la claque.» Il ajoute que: «Les gens sont très généreux et c'est tant mieux. Les pays étrangers se serrent les coudes et sont solidaires envers Haïti.»

En quelques minutes jeudi après-midi, dans une seule classe, pas moins de 54$ avaient été amassés. Mais c'est la tournée du vendredi matin qui a parti le bal. Pas moins de 447$ ont été recueillis dans toute l'école, mais plusieurs n'avaient pas pu donner autant qu'ils voulaient. Ils se sont donc repris lundi et mardi, les dons passant de 501$ à 1048$ ! Finalement, même après que l'on ait mentionné à tous que la cueillette était terminée, on a ajouté encore plus de 200$. «Je suis renversée, j'en tombe en bas de ma chaise et je suis très fière», disait la directrice du Centre dans une de ses rares entrevues.

Pour moi-même, l'instigateur du projet, l'idée est venue simplement le jeudi matin en discutant avec les élèves. J'ai proposé l'activité à Hélène Sarrazin qui organise le mois de l'histoire des Noirs. Étant débordée, elle m'a redonné mon idée. Ce faisant, avec l'aide de Sébastien Cloutier, j'ai fait la tournée des classes le vendredi matin et le mardi après-midi suivant. J'estimais que si nous ramassions 1$ par étudiant ou par membre du personnel, nous serions aux anges. Mon estimation a été presque triplée !!!

Encore une fois, j'aimerais dire un merci spécial à tous ceux qui ont donné, membres du personnel ou étudiants. Vous avez de nouveau tous prouvé que le Centre l'Escale est la meilleure place pour terminer ses études.

mercredi 20 janvier 2010

Il était une fois les Expos - Tome 1: de 1969 à 1984

J'ai finalement terminé la lecture de cette magnifique brique de quelque 650 pages écrite par Jacques Doucet et Marc Robitaille intitulée «Il était une fois les Expos». Cet ouvrage couvre la période de 1969 à 1984, années fastes où on a vu naître la franchise, connaître ses premiers succès et aussi vivre ses premières déceptions. On le rappelle, Jacques Doucet fut le descripteur des parties des Expos à la radio depuis les débuts de l'équipe jusqu'à leur mort en 2004. Quant à Marc Robitaille, il a écrit «Des histoires d'hiver» et «Un été sans point ni coup sûr», deux romans portés à l'écran.

Je m'attendais à une écriture très émotive de la part de Doucet et Robitaille. Les deux baignent dans l'univers des Expos et du baseball depuis longtemps et leur amour de la «balle» n'a pas d'égal. À quelques reprises, des flèches sont dirigées vers les médias qui s'occupent beaucoup trop des affaires du Canadien, ne se concentrant que sur un seul sport, voir une seule équipe. Deux passages sont assez clairs: «Les médias peuvent influencer l'affluence dans un stade, contrairement à ce qu'ils pensent» et «Certains se soucient plus de la composition du 4e trio du Canadien en plein mois de juillet, mais c'est ce que les amateurs veulent...»

Les détails sont aussi importants dans le bouquin. Toutes les circonstances de la venue des Expos à Montréal sont expliquées et on apprend que l'équipe n'a bien failli jamais voir le jour. Le maire de l'époque, Jean Drapeau, avait le don de voir grand, sans nécessairement avoir tous les outils en sa possession pour arriver à ses fins. N'eut été de John McHale, Jim Fanning, Charles Bronfman et Gerry Snyder, les Expos auraient peut-être joué à... Washington dès 1969.

On arrive à bien imaginer l'ambiance de l'époque au Parc Jarry, la frénésie qui y régnait. Sans même avoir une équipe gagnante, la foule s'amusait. Plus tard, l'amusement avait cédé la place à la volonté absolue de gagner, la direction ayant promis une réussite au bout de la saison. Cela ne fait-il pas penser à la Sainte-Flanelle ? Les partisans sont devenus de plus en plus exigeants au fil des ans, avec raison.

Le plus ironique, quand on pense aux raisons qui ont mené à leur départ, est que les Expos avaient une des masses salariales les plus élevée des MAJEURES ! Ils avaient un contrat de télévision et de radio solide et concurrentiel. Ils ont même failli mettre la main sur le membre du Temple de la Renommée, Monsieur Octobre lui-même en Reggie Jackson !

Ce qui est aussi palpitant, c'est que j'ai appris à connaître les joueurs qui ont marqué mon enfance: Gary Carter, Andre Dawson, Tim Raines, Steve Rogers, Warren Cromartie, etc. Je les ai mieux connus ainsi que leur réel impact dans le vestiaire et sur le terrain. Mais rien ne bat le phénomène # 1, Bill Lee, surnommé Spaceman. J'aurais tant aimé le voir jouer ou l'entendre dire ses sottises aussi insolantes que songées. Je l'ai vu une fois en 2002, au Stade Olympique. Vêtu d'un long t-shirt orangé, il se promenait partout, en signant une multitude d'autographes.

Les meilleures années des Expos, autant sur le terrain qu'au guichet, montrent vraiment comment ils sont venus près de gagner, mais aussi comment ils ont brisé leur coeur et celui des leurs fans. À chaque lettre, l'émotion est ressenti. On désire tellement que Rick Monday passe dans le mitaine au lieu de cogner son circuit. Malheureusement, rien ne change, comme leur départ.

Le livre s'achève avec l'année 1984. L'événement qui tranche en deux l'histoire des Expos, c'est l'échange de Gary Carter, sans doute le plus gros jamais réalisé par les Expos. Le propriétaire Charles Bronfman ne pouvait digérer le salaire de 2 millions de Carter, malgré que ce soit lui qui lui ait donné ! C'était le début des ventes de feu, ce que les fans ne pardonneront jamais aux dirigeants et qui mèneront à la fin d'une grande aventure.

En somme, Doucet et Robitaille relèvent le défi de nous présenter l'histoire des Expos de belle façon, avec passion et profondeur, prouvant à tous et chacun que les Expos ont fait vibrer Montréal, le Québec et le Canada bien plus que le Canadien d'hier et d'aujourd'hui.

En comparaison avec le livre d'Alain Usereau, celui de Doucet/Robitaille couvre une plus grande période, Usereau ne traitant que des années 77 à 84. Les deux ouvrages sont quand même traitées avec similitude, soit avec respect et passion.

Le 2ème tome est prévu pour l'automne 2011, elle mettra en scène la période 1985 à 2004 avec les Galarraga, Brooks, Wallach, Walker, Dennis et Pedro Martinez, Guerrero, la tragédie de 1994 et la fin. Déjà, ce livre est sur ma liste de cadeaux de Noël 2011.

lundi 18 janvier 2010

Les plaies d'Haïti

Six jours après le tremblement de terre, les secours s'organisent et les dons fusent de toutes parts dans le monde entier. On ne peut rester insensible face à ce drame humain qui sévit sur un peuple qui n'a pas besoin de tragédie. Après la corruption, la famine, les inondations, voici un tremblement de terre qui détruit le minuscule bonheur des Haïtiens.

Pas que les Haïtiens soient des gens malheureux nécessairement, mais lorsqu'on pense la majorité de ces gens vivent avec 2$ par jour dans leurs poches, il faut admettre que c'est tout petit. Leur bonheur ne peut donc être attaché à l'argent, mais à la famille, aux amis, à la religion. Trois éléments que plusieurs ici oublient.

Je sais, il faut y penser deux fois avant d'offrir aux Haïtiens. Pas que nous ne sonnes pas prêts à vider nos poches de cennes noires, mais plutôt qu'avec les événements des années passées, on a vu des gouvernements venir voler tous les vivres aux pauvres afin de tout se mettre dans les poches. C'est grave ! Les riches ne veulent pas être riches, ils veulent s'assurer que les pauvres n'aient rien, parce qu'on ne les considère même pas comme des humains.

Malgré cette corruption, je suis d'avis qu'il faut offrir des dons aux Haïtiens. On nous rabat les oreilles depuis près d'une semaine pour donner aux bons organismes: la Croix Rouge, Oxfam Québec, Unicef. Justement, c'est à eux qu'il faut donner. Méfiez-vous des quêteux dans les centres d'achat, des appels téléphoniques de bandits à cravates ou des ados de 17 ans qui désirent plutôt se payer des cigarettes. Allez donner en mains propres ou par l'entremise d'une fondation reconnue.

La couverture médiatique

Nous sommes tous curieux de voir ce qui se passe là-bas. Confortablement assis dans notre salon, on suit l'évolution d'heure en heure. Certaines stations offrent l'heure juste et une vue globale des événements, respectant le peuple et le deuil tout en n'interférant pas négativement dans l'action comme le fait très bien Radio-Canada. Toutefois, le réseau TVA y va encore avec ses grands sabots de sensationnalisme, avec cet iconoclaste Rambobino qu'est Richard Latendresse. Il dérange, se faufile tout partout, y va de jugements insignifiants et irrespectueux envers les aidants et envers les sinistrés et s'en va braquer son maudit micro dans la face de médecins qui n'ont pas le temps de lui parler. Il est complètement renversé par le fait qu'il y ait un manque de médecins, que ceux-ci sont débordés, et qu'ils ne veulent pas lui parler. Il répond absolument aux critères de TVA: fais du sensationnel, excite et fais pleurer les matantes, pas grave si ce que tu dis n'a pas de sens.

Tout remettre à neuf

Plusieurs médias posent cette question : est-ce que les Haïtiens vont se remettre de cela ? En bon homme du peuple, Luck Mervil va répondre que oui, évidemment. Dirait-il le contraire ? Ça prendra du temps au peuple pour se remettre de cet événement, tout est à terre, ils sont pauvres et on se demande comment ils feront pour remonter la pente. Ce sera long, pénible, ardu, plusieurs membres de la communauté internationale oeuvreront pendant des années là-bas, mais ce peuple verra la lumière au bout du tunnel.

Déjà, Barack Obama a réuni Bill Clinton et George W. Bush pour que les deux anciens présidents soient les chefs de file pour recueillir les dons aux États-Unis. Si Bill Clinton est fiable, je pense tout le contraire de Bush. Il a été capable de dépenser pour des guerres, mais sera-t-il capable d'aider les autres ? Aidé de Bill, sûrement. La femme de Bill est, quant à elle, allée à Haïti pour voir de plus près la situation. Parlez-moi de cela une politicienne qui s'implique, qui ne reste pas assise dans son bureau à compter les heures ou bien les chiffres.

Quant à eux, les joueurs des Canadiens devraient donner leur salaire des deux derniers matchs, ils ne méritent pas cet argent.