mardi 19 août 2014

Retour au jeu inattendu!

Je croyais que mes années de joueur de baseball étaient derrière moi, je pensais que tout ce que je pouvais espérer, c'était d'assister à des matchs quelques fois par été ou bien coacher mon fils ou ma fille dans quelques saisons. Mais vendredi matin, mon ancien coéquipier Brian Merkel m'a texté: «Hey Christian, serais-tu intéressé à jouer avec nous ce soir?»

Ma réponse a été rapide et positive: «Oui, je le veux!» Je n'avais pas joué depuis la fin juillet 2012 avec les Pirates d'Aylmer, cette équipe avec qui j'avais eu une triste fin de carrière. Cette fois, pour un match ou deux, j'avais la chance de reprendre le collier et de me faire plaisir pendant quelques manches. Et comble de joie, j'allais revêtir l'uniforme des Expos. Les Expos d'Ottawa, mais les Expos quand même. En 2005, lors du tournoi de Jonquière, j'avais joué pour les Expos de Montréal, équipe formée de gars du Saguenay. J'avais fait vibrer le stade Desmeules. Allais-je faire la même chose? Et avec moi, Brian Merkel et Paul O'Leary, anciennement des Dbacks.

Direction Winchester vendredi soir, un endroit où j'ai connu passablement de succès lors de mes années chez les Diamondbacks. C'est à ce terrain que Jean-Sébastien Roy s'était fracturé un bras en tentant d'attraper un ballon lors des séries 2007. Fallait seulement que je ne l'imite pas.

Défensivement, tout s'est bien déroulé. Sur le premier jeu de la fin de la première manche, j'ai dû attraper un haut ballon. Je les déteste, j'ai l'air fou. Mais quand je capte la balle, je suis un héros... dans ma tête. Dans l'ordre des frappeurs, le gérant Chris Chapman m'a placé au 8e rang. Un rang habituel de mes dernières saisons. Je me balance un peu du rang, l'important, c'est de frapper la balle en jeu. À ma première présence, j'ai frappé un petit roulant au deuxième but, mais le coureur a créé une obstruction alors il a été retiré et je me suis arrêté au premier coussin en vertu d'un optionnel. À ma seconde présence, j'ai passé dans la mitaine. À ma troisième, j'ai frappé un ballon au champ centre. Finalement, à ma dernière présence, j'ai eu l'air fou. Mais au pointage, nous avons gagné 8-2. Il s'agissait d'une 11e victoire pour l'équipe, à un gain de leur record.

Pendant le match, Brian me demandait si j'avais du plaisir, si tout cela m'avait manqué, si je désirais revenir l'année prochaine. Je ne sais pas, les vacances, la famille, l'âge, l'usure corporelle... Peut-être comme remplaçant...

Après le match, je suis invité à me présenter à la rencontre de dimanche qui aura lieu au Parc Allen de Aylmer. Mes enfants, ma conjointe et mes beaux-parents pourront venir me voir jouer. Un dernier match en carrière pour moi? Un trait définitif?

J'arrive au terrain, fier d'arborer le # 6 de ce bel uniforme. Shelby Guthrie, notre ancien gérant chez les Dbacks, est là. Cette équipe est peuplée d'ancien Diamondbacks! Avant la rencontre, j'avais dit à ma blonde que tout ce que j'espérais, c'est de faire un coup sûr. Celui-ci serait peut-être le dernier, alors aussi bien en profiter pleinement.

J'ai une promotion en occupant le 7e rang du rôle offensif. Comme je l'ai mentionné plus haut, ça ne change pas grand chose dans ma tête. Ce soir, nous affrontons Marc Sports. Oui, ceux-là, mais ce ne sont pas les mêmes que jadis, ceux que nous nous plaisions à détester tant ils étaient débiles et antisportifs. Ce sont plutôt des jeunes sympathiques qui aiment jouer au baseball.

Bien que l'équipe soit qualifiée pour les séries, une victoire ce soir nous permettrait d'établir le record de la concession avec une 12e. Ça commence bien, car nous prenons les devants 1-0. Marc Sports crée l'égalité en fin de 1ère manche. J'obtiens ma première présence en deuxième, je décide d'y aller avec un amorti-sacrifice pour faire avancer le coureur. La stratégie fonctionne, mais nous ne marquons pas de point. Je frapperai un faible ballon au 3e coussin à ma seconde présence et serai retiré sur des prises à la troisième. Bien que nous ayons les devants, je deviens décourager. Quelle tristesse que de ne pas être capable de mettre la balle en lieu sûr. Peut-être que finalement, je ne suis plus en mesure de frapper.

Sauf qu'en début de septième, avec une mince avance de 3 à 2, nous explosons pour quatre points. C'est avec les buts remplis que j'ai la chance de me présenter au bâton pour une quatrième fois. Je m'étais que ça prenait un coup sûr pour être heureux, il faut que je l'aie. Même si ma blonde et mes enfants sont partis, mes beaux-parents sont dans les estrades et m'observent. Je dois réussir.

Avec un compte d'une prise, je m'élance sur une balle à mon goût que je frappe durement dans l'allée du champ centre gauche. Je la regarde pour être certain qu'elle va tomber. Ce serait un double facile n'eut été de la lenteur du coureur que je suivais. Mais ce n'est pas grave, car deux points marquent. C'est 7 à 2 et ça se terminera ainsi.

Ce moment est grisant. Durant ma saison misérable de l'été 2012, je me répétais constamment que je voulais finir sur une belle note, frapper un circuit et prendre ma retraite. Je n'ai pas été capable de le faire, regardant six parties des séries sur le banc à me dire que ça se terminerait de cette triste façon.

Brian m'a demandé une nouvelle fois si j'allais joindre les rangs des Expos l'an prochain. Oui, non, peut-être, la famille, les vacances. Mais merde, ce sont les EXPOS!

La suite en 2015!


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